nanotechnologies

, par  Marie-Odile NOVELLI , popularité : 0%

Des rapports de plus en plus nombreux sur les dangers des nanotechnologies

Article de P Le hir, extrait du Journal le Monde Dec 2006.

Faut-il avoir peur d’entrer dans la civilisation du nanomonde ?

j’ ai déjà écrit un certain nombre de choses sur les nanotechnologies (notamment
nanotechnologies1 ou nanotechn2 ou nanotec3). Rappelons aussi que L’ONU exige plus de recherches sur les risques liés aux nanotechnologies
[a hreflire l’article ONU .
L’article du journal Le monde vient à point pour varier les points de vues sur cette question.Jugez plutôt...

"Depuis quelques mois, rapports d’experts et articles scientifiques se multiplient, qui pointent les dangers, pour la santé et l’environnement, de la fabrication et de l’utilisation d’objets de taille nanométrique.

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) estimait, en juin, que "les études toxicologiques, in vitro et chez l’animal, sont encore très peu nombreuses mais établissent l’existence de risques potentiels de toxicité".
 Début juillet, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l’environnement, mettait en garde : "De multiples arguments indiquent l’existence d’une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l’homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané." En octobre, c’était au tour du comité d’éthique du CNRS de prôner une "vigilance éthique et sociale".

Micro ou nano.

Alors que les microtechnologies cherchent à ciseler la matière de façon toujours plus fine, par exemple pour la fabrication de circuits intégrés, les nanotechnologies - du grec nannos (nain) - partent des atomes pour les assembler entre eux. On parle de nanomatériaux jusqu’à la taille de 100 nanomètres, soit 100 milliardièmes de mètre.
Naturelles ou artificielles.
Les nanoparticules sont présentes en abondance dans notre environnement, qu’elles soient d’origine naturelle (volcanisme, incendies, érosion, embruns) ou artificielle (industrie, combustion automobile).
La toxicité de certaines nanoparticules artificielles - telles que les particules diesel - est établie.

C’est que les nanotechnologies ne sont plus cantonnées aux salles blanches des laboratoires. On trouve déjà - sans presque jamais le savoir - des nanoparticules dans de multiples objets ou produits de notre environnement quotidien : des nanotubes de carbone (cent fois plus résistants et six fois plus légers que l’acier) dans les raquettes de tennis et les vélos, des nanoparticules de dioxyde de titane dans les peintures et les crèmes solaires, de noir de carbone dans les pneumatiques, de cérine dans les carburants, de silice dans les vernis des automobiles ou produits lave-vitres, d’argent dans certains cathéters médicaux...

Les fabricants de textiles modifient leurs fibres à l’échelle nanométrique pour leur conférer des propriétés anti-taches, les rendre infroissables ou améliorer leur confort thermique. Des firmes agroalimentaires commercialisent des nanocapsules permettant une meilleure diffusion des nutriments dans les tissus humains. L’industrie pharmaceutique cherche à améliorer l’absorption et l’efficacité de médicaments par une granulométrie nanométrique. "Entre 500 et 700 produits disponibles dans le commerce contiennent des nanoparticules", estime Patrick Brochard, toxicologue au CHU de Bordeaux et membre du CPP. Et le marché est appelé à exploser dans les prochaines années.

Tout le problème vient de la très petite taille des particules en jeu. A l’échelle du nanomètre - un milliardième de mètre, soit dix fois la taille d’un atome -, on entre dans un nouvel état de la matière, aux propriétés chimiques, électriques et magnétiques radicalement neuves. La proportion d’atomes disposés à la surface d’un objet ou d’un composant nanométrique est naturellement plus élevée que pour un objet de taille supérieure. Et ces atomes de surface, qui ne sont pas liés à d’autres atomes, sont plus réactifs. C’est précisément ce qui confère aux nanoéléments les propriétés - dureté, résistance, adhésion ou répulsion... "-[br
Pierre Le Hir

voir aussi : rapport gouv.
Rapport CIA